Depuis qu'elle est née, en digne et fier "petit sac" qu'elle est, ma Sucrette à qui je donne le sein n'a pas coutume de me regarder. Sa préoccupation première est de se sustenter et elle se trouve donc tout entière absorbée dans la réalisation de cette activité.
| La Sucrette en action |
Chez elle, pas question d'intenses
échanges de regards entre nous comme on peut le lire ou l'entendre à droite ou à gauche. Je m'interrogeais même sur cette situation puisque cet échange est souvent qualifié d'essentiel. Il est dit qu'il permettrait d'assurer une certaine continuité dans la relation mère-enfant et que le fait
que le bébé sente la chaleur corporelle de sa mère tout en voyant son
visage lui apprendrait à structurer la représentation qu’il a d'elle.
Les premières semaines, je me suis dit que son champ de vision restreint expliquait le fait qu'elle tète les yeux mi-clos, le visage exclusivement tourné vers ma poitrine. Les mois ont passé et son mode opératoire lors des repas n'a pas changé.
Il est vrai qu'à un moment j'ai regretté de ne pas connaître ces fameux échanges de regards, ses yeux plongeant dans les miens, mes yeux noyés dans les siens. Ce plaisir de sentir qu'en me regardant au moment des tétées, elle me reconnaîtrait comme sa mère nourricière.
Et puis, j'ai appris à oublier ce qui se dit, ce qui se lit. J'ai appris à apprécier ce corps à corps, cette proximité physique presque fusionnelle. Sentir sa respiration sur ma peau, ses mouvements de succion, voir sa main agrippée à mon gilet qui parfois le lâche pour caresser ma peau.
Pourtant, de temps à autre, comme aujourd'hui, il lui prend de bouleverser quelque peu ses habitudes. Elle me lance aléatoirement une petite oeillade, brève mais intense pendant laquelle j'ai le temps de voir sa pupille cernée de bleu qui pétille de vie et de malice.
Les premières semaines, je me suis dit que son champ de vision restreint expliquait le fait qu'elle tète les yeux mi-clos, le visage exclusivement tourné vers ma poitrine. Les mois ont passé et son mode opératoire lors des repas n'a pas changé.
Il est vrai qu'à un moment j'ai regretté de ne pas connaître ces fameux échanges de regards, ses yeux plongeant dans les miens, mes yeux noyés dans les siens. Ce plaisir de sentir qu'en me regardant au moment des tétées, elle me reconnaîtrait comme sa mère nourricière.
Et puis, j'ai appris à oublier ce qui se dit, ce qui se lit. J'ai appris à apprécier ce corps à corps, cette proximité physique presque fusionnelle. Sentir sa respiration sur ma peau, ses mouvements de succion, voir sa main agrippée à mon gilet qui parfois le lâche pour caresser ma peau.
Pourtant, de temps à autre, comme aujourd'hui, il lui prend de bouleverser quelque peu ses habitudes. Elle me lance aléatoirement une petite oeillade, brève mais intense pendant laquelle j'ai le temps de voir sa pupille cernée de bleu qui pétille de vie et de malice.
Aujourd'hui, d'humeur joueuse, elle semble vouloir entrer en connexion avec son environnement. Elle décroche régulièrement du sein pour contempler le plafond, la lampe qui nous surplombe, la jetée jaune du canapé, notre vieux Chacha qui passe pour voir si tout se passe bien.
Généreuse même, elle prend le temps de me faire de magnifiques et francs sourires qui fendent son visage jusqu'aux oreilles. Je suis convaincue que c'est à la vision de tels sourires que l'expression "avoir la banane" fut inventée...



Je découvre votre blog par le biais de Babidji!! Quel bel article!! Moi aussi j'ai laissé tomber ce qu'on pouvait parfois lire pour profiter pleinement de mon petit bouchon!! En tout cas votre Sucrette à un regard superbe!!
RépondreSupprimerMerci Poppy pour ce message. J'ai quelque peu tardé à répondre car j'étais absente pour faire faire à ma Sucrette son mini Tour de France de présentation à la famille.
RépondreSupprimerLaissons effectivement place à l'instinct et cessons de nous appuyer en permanence sur le trop plein de littérature!
Pour ce qui est de ma Sucrette, j'en suis folle ;-)