J'avais commencé à aborder ma rencontre avec le gynécologue qui a assuré mon suivi de grossesse dans deux billets qui datent déjà de décembre 2011 (ici et ici). Et puis, partie dans la famille pour présenter la Sucrette, j'ai perdu de vue la rédaction de ces posts et je n'ai jamais achevé cette présentation de mon vieux gynéco.
C'est la lecture de l'article de Mamcha qui s'interrogeait sur l'existence réelle ou "mythique" d'un bon praticien qui m'a rappelé que cette mini-série n'était pas achevée.
| Walter Watson, 100 ans, gynécologue Barcroft / Fame Pictures |
Pour rappel, je découvre donc que le gynécologue obstétricien qu'on m'a recommandé est un vieux monsieur proche de la retraite dont la surdité semble déjà bien installée. Sans compter que pour comprendre ce qu'il me dit je cherche à lire sur ses lèvres tant son accent toulousain est à couper au couteau (pour la normande que je suis, l'accent du sud-ouest est hautement exotique!)
À l'époque, j'étais un peu perdue quant à la décision que je devais prendre. Ma Sucrette s'était invitée par surprise alors même que nous venions d'arriver sur Toulouse et que je n'avais pas encore trouvé d'emploi.
D'entrée, ce cher bonhomme m'alerte sur le fait que je ne suis plus de la première fraîcheur et qu'étant âgée de 34 ans, cela serait le moment opportun pour un premier bébé. Je tiens à signaler qu'il n'a nullement été discourtois dans sa façon de me présenter le problème. Moi seule m'amuse à me voir comme étant estampillée d'une date de péremption.
Évidemment rien ne s'oppose à ne pas mener cette grossesse à terme mais je dois être consciente que je m'expose à rencontrer potentiellement des difficultés pour tomber rapidement enceinte par la suite. Même si ce constat me laisse quelque peu sonnée sur le moment, je dois admettre qu'il n'a pas tort. Le documentaire "les Bébés de l'amour et de la science", que je verrais quelques mois plus tard sur LCP, ne dit pas autre chose: certes, les femmes repoussent de plus en plus tard leur première grossesse mais physiologiquement les organes féminins n'ont eu que faire de mai 68 et des avancées féministes...
Je ne m'appesantirai pas ici sur mes questions et mes doutes puisque ma Sucrette est là, témoignage souriant de ma décision.
Mon vieux gynéco s'est réjoui de mon choix et a donc assuré le suivi de la bonne évolution de ma petite graine.
À chaque fois, je devais lui rappeler que je ne souhaitais pas connaître le sexe du bébé car d'une fois sur l'autre, il oubliait. À chaque fois, il se plantait dans les dates de conception, d'accouchement, avançait ma grossesse d'un mois ou la reculait d'autant. À chaque fois, il ne se rappelait pas que Chéribibi et moi n'avions pas le même rhésus. C'était assez déroutant de se savoir la patiente d'un homme dont le cerveau semblait aussi vaillant qu'une passoire. Le plus improbable qu'il ait fait: réaliser le prélèvement vaginal pour rechercher la présence éventuelle du streptocoque B, sortir du cabinet pour le donner au coursier du labo qui venait d'arriver au secrétariat, revenir dans la salle d'examen et s'apprêter à me refaire le prélèvement! Si, si, véridique!
Pour celles qui attendent de leur gynécologue toutes les réponses à leurs questions, qui souhaitent être rassurées en tout point, il est certain que je ne leur conseillerai pas mon praticien. Gentil mais laconique, il a toujours tenu à n'aborder les différentes étapes de la grossesse que le moment venu. Pour lui, pas de raison d'anticiper tel ou tel sujet qui ne se trouvait pas encore d'actualité. Son mot d'ordre était de ne pas s'inquiéter inutilement tout le temps que tout allait bien. Pour le coup, cela me convenait parfaitement car plus ma Sucrette grandissait en moi, plus j'étais épanouie et insouciante. Des questions je n'en avais pas tant elle me comblait. J'expérimentais le fameux "Vivre d'amour et d'eau fraîche".
Le seul moment où j'ai eu une question concernant le fait que ma Sucrette adorée restait perchée alors que le terme approchait , il m'a prescrit une radio en me disant que seul le cliché pourrait nous en apprendre plus sur l'éventualité d'une césarienne ou non. J'avoue qu'à cet instant, j'aurais aimé qu'il m'en dise un peu plus. Pour autant ne sachant pas ce qu'il en était concrètement, comment lui reprocher de ne pas se prononcer alors qu'il ne détenait pas tous les éléments. Là encore, inutile de se mettre dans tous ses états sans information précise. Point barre.
Mais, le jour J, alors que j'avais perdu les eaux, mon vieux gynécologue obstétricien, pour rien au monde je n'aurais voulu l'échanger contre un autre. Parce qu'avec sa bonhomie habituelle, ce que je considérais comme son allergie aiguë au fatalisme, alors que ma Sucrette était toujours accrochée tout en haut de mon ventre, alors que mon col n'était pas ouvert d'un demi-millimètre, il m'a laissé le temps.
Le temps de pouvoir avoir ma Pépette sans passer par la case césarienne. Ce temps que cette clinique dans laquelle j'étais ne semblait pourtant pas disposer tant il y avait de parturientes en stand by dans le hall les yeux rivés sur les salles d'accouchement toutes occupées.
Comme s'il avait compris que je voulais absolument pouvoir accoucher naturellement, comme s'il avait compris que je n'aurais pas été psychologiquement prête à être séparée de mon bébé.
Alors même que j'étais épuisée par toutes mes dernières nuits d'insomnie, que la jolie seringue de la péri était vide depuis un bon quart d'heure et que je lui disais que je pensais ne pas pouvoir y arriver, il m'a encouragée inlassablement. Dans le même temps, il boostait Chéribibi en lui montrant l'évolution du parcours de la Sucrette afin que celui-ci m'encourage à son tour.
J'ai mis le temps à l'avoir ma belle Sucrette mais je l'ai eu cet accouchement par voies basses auquel je tenais tant ... parce qu'il l'a permis.
J'ai mis le temps à l'avoir ma belle Sucrette mais je l'ai eu cet accouchement par voies basses auquel je tenais tant ... parce qu'il l'a permis.
Mon vieux gynéco, aujourd'hui, je lui suis infiniment reconnaissante d'avoir été ce vieux bonhomme un peu à l'Ouest mais volontaire qui m'a permis d'être là pour ma Pépette. Mon vieux gynéco, s'il n'est pas parti à la retraite d'ici là, je sais que c'est à lui que je demanderai d'assurer le suivi de ma prochaine grossesse.
Merci mon vieux gynéco!



MA gynécologue est un peu du même genre, proche de la retraite et très douce, ne mettant pas la charrue avant les boeufs . Elle m'a laissé vivre ma grossesse étape par étape, mais j'avoue que parfois, j'aurai aimé savoir certaines choses avant le moment M . Et puis bon, finalement cela permets de rester sereine mal-grès les hormones en plein action ! Tu as bien raison de vouloir le garder, c'est tellement dur de trouver un bon gynéco-obstétricien qui écoute Vraiment sa patiente enceinte (même s'il est un peu dur de la feuille ;) ).
RépondreSupprimerJe me dis effectivement que le côté vieille école ça a quand même du bon. Peut-être le fait qu'ils n'ont plus leur réputation à faire, leur longue expérience... En tout cas, je me dis que sans lui, la césa j'y avais droit :)
SupprimerParfois il suffit d'être en confiance avec le praticien pour "effacer" certains aspects qui nous conviennent moins ...
RépondreSupprimerC'est exactement le cas. Et puis maintenant ça me fait sourire son côté tête en l'air :)
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